Peu de temps avant sa mort, George Woodcook a écrit cette lettre pour appuyer le Concours Begbie.

Chers amis,

Je suis écrivain de profession et historien de cœur. Cela veut dire que même si j’écris dans plusieurs genres – biographie et autobiographie, récits de voyage et poésie, théâtre et critique littéraire, même science-fiction – l’histoire domine toute mon œuvre.   


Et par histoire, je veux dire compréhension du passé qui a modelé le monde dans lequel nous vivons. Je me rends compte qu’une connaissance de l’histoire, c’est-à-dire une idée du monde tel qu’il a existé, m’est nécessaire pour écrire de façon objective sur le monde tel qu’il est. Je pense que la recherche en histoire est une sorte de devoir mais cela m’apporte beaucoup de plaisir. Je pense aussi que le fait que la connaissance peut être un plaisir devrait guider la planification des programmes d’études pour tous les âges.

Une des raisons pour laquelle j’appuie le Concours Matthew Baillie Begbie, c’est que, pour moi, comprendre notre propre société nous amène à comprendre la nation et le monde. La connaissance de notre propre passé nous aidera à comprendre, par comparaison, le passé des autres cultures.

Je ne crois pas que l’histoire – la connaissance du passé – nous permette de prédire l’avenir. Mais je crois qu’elle nous aide à comprendre son déroulement et à éviter des erreurs dans le présent. Si les Nazis n’avaient pas mal interprété l’histoire de l’Allemagne, ils n’auraient pas tant exigé de l’avenir et beaucoup de souffrances auraient pu être évitées.

Aussi importante que soit l’histoire, l’esprit critique avec lequel nous l’approchons est essentiel. Nous vivons une multitude d’événements. Ce serait une tâche impossible pour un individu d’écrire tous les détails de sa propre vie tels qu’ils se déroulent à chaque instant. Ainsi, les historiens sélectionnent leurs faits et présentent les événements selon leur propre vision. Nous devons donc être conscients de cela et examiner leurs renseignements avec un sens critique lorsque nous voulons nous les approprier afin qu’ils correspondent vraiment à la réalité telle que nous la voyons.

Enfin, j’appuie le Concours Matthew Baillie Begbie, parce qu’en plus d’encourager le goût de se renseigner et de développer un sens critique, c’est aussi un moyen de rétablir l’importance de l’histoire.

À mon avis, c’est une excellente idée de dédier le Concours au grand citoyen de la Colombie-Britannique, Matthew Baillie Begbie, qui a souvent été vu comme un juge qui envoyait régulièrement à la potence (en fait, ces jurés ne l’ont pas laissé condamner à mort plusieurs personnes) mais qui a su prévoir les grands conflits historiques avec clairvoyance.

Même quand les syndicats étaient hostiles aux immigrants chinois, Begbie a défendu ces derniers. Et c’est lui, avant qui que ce soit, qui s’est rendu compte que la question des terres serait au cœur des conflits entre les Premières Nations et les nouveaux venus. Dans sa vie privée, il était accueillant et compatissant. C’était un homme très humble qui mérite d’être reconnu.

Pour toutes ces raisons, je me joins aux organisateurs du concours pour vous recommander de soutenir généreusement le projet et de redonner ainsi à l’histoire sa place dans nos écoles. La connaissance et une interprétation judicieuse de notre passé sont des points fondamentaux de la vie des temps modernes. Aucun pays, aucune communauté ne peut prendre sa véritable place dans cette mondialisation irrésistible sans avoir une bonne connaissance de soi et sans être connu par ses citoyens et leurs descendants.